Les fontaines Wallace

 

  Les fontaines Wallace, une des, figures emblématiques du mobilier urbain de Paris où l’on en retrouve le plus grand nombre mais elles sont aussi implantées dans d’autres villes, comme Nantes ou Marseille et aussi à l’étranger, Espagne Canada, Irlande.


 Elles portent le nom du Philanthrope Sir Richard Wallace né à Londres en 1818 et vit à Paris où il fréquente des artistes comme Flaubert, Théophile Gautier, Eugène Delacroix, Baudelaire.

En aout 1870, son oncle, lord Hertford, décède et lui lègue toute sa fortune, estimée à 60 millions de francs ainsi qu’un important patrimoine foncier.


 En juillet 1870, lorsque la guerre franco-prussienne éclate suivi du siège de Paris, Sir Richard Wallace vit à Paris. Il décide de ne pas partir à Londres afin d’aider la population et l’armée. Il aide au financement de l'ambulance militaire, la Société de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer et fait un don au Trésors public en faveurs des plus démunis. En 1871 il finance la construction de l'Hertford British Hospital, à Levallois Perret et la reconstruction Temple Protestant de Neuilly-sur-Seine (1872).

(Ernest Meissonier, Le Siège de Paris, huile sur toile, 1870-1884, Paris, musée d'Orsay.)


 Les bombardements des Prussiens lors de siège de Paris ont entrainé beaucoup de dégâts, notamment la destruction des viaducs servant à distribuer l’eau dans Paris, l’hiver qui suivi vu rude avec des températures allant jusqu’à -20°C, ce qui accentua la colère de la population. Colère qui eut pour conséquence la Commune de Paris le 18 mars 1871, qui se termina par la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Tous ces évènements aboutissent à une crise économique et sociale, avec une flambé du prix de l’eau. Les plus démunis n’ont donc plus accès à l’eau. Wallace dont la philosophie est d’aider ceux qui sont dans le besoin, l’idée lui vient de faire installer, avec l’aide du directeur des Eaux et Égouts de Paris et du Préfet Haussmann, d’installer des fontaines accessibles à tous.

(Faubourg Saint Honoré et rue Royale, 1871, Crédit photo Roger-Viollet)


 Sur le modèle des Drinking Fountain de Londres apparues quelques années plus tôt, Wallace conçoit lui-même les fontaines suivant un cahier des charges précis :

  • La taille : assez grande pour être visible de loin, mais pas trop pour ne pas rompre l'harmonie du paysage 
  • La forme : à la fois pratique d'utilisation et esthétique 
  • Le prix : abordable pour permettre l'installation de dizaines d'exemplaires 
  • Le matériau utilisé : résistant, facile à travailler, et commode d'entretien.

L’emplacement (place, angle de rue) et la couleur, verte comme le reste du mobilier urbain sont choisis par la mairie.

(Paris Vécu – A La Wallace N105 L.J Cie, éditeur, Angoulême – Paris)


 Wallace fait appel au sculpteur Charles-Auguste Lebourg (1829-1906) pour les détails des sculptures. Le matériau choisi est la fonte, répandu à l’époque, peut cher et facile à mouler et fonderie d'art du Val d'Osne pour la réalisation.

Il y aura 3 modèles au départ et un quatrième en remplacement du grand modèle ou les cariatides seront remplacées par des colonnes afin de réduire le cout de fabrication. Elles sont toutes munies de gobelets attachés à une chainette qui seront retirés en 1952 pour des raisons d’hygiène.

La première fontaine est installée boulevard de la Villette le 24 aout 1872.


 Le grand modèle, conçu par Wallace en inspirant de la fontaine des Innocents dans le quartier des Halles.

Sur une base en pierre, repose le socle à huit pans, quatre grands décorées d'un trident autour duquel s'enroule un triton et quatre plus petits une conque de laquelle s'écoule un chapelet de perles, sur lequel est posée la partie supérieure composée de quatre cariatides, toutes différentes, se tournant le dos et soutenant le dôme orné d'une pointe, et décoré de dauphins.

L’eau s’écoule du dôme en un mince filet d’eau.

En 2011 il en reste 95 dans Paris.

Elle mesure 2m71 pour un poids de 610kg.


 Les quatre cariatides représentent la Bonté, la Simplicité, la Charité et la Sobriété, elles sont toutes différentes les unes des autres sont par rapport à la position du genou et du pied soit de la façon est noué le corsage. De plus Simplicité et Sobriété ont les yeux fermés et Bonté et Charité les ont ouverts.

Elles représentent également les 4 saisons : Simplicité le printemps, Charité l'été, Sobriété l'automne et Bonté l'hiver.


 Le modèle a colonnette est quasi identique au grand modèle (le socle est plus incurvé et le dôme moins pointu), seules les quatre cariatides sont remplacées par quatre colonnes afin de réduire le cout de fabrication.

Elles sont réalisées Chappée et Fils en une trentaine d’exemplaire.

Il n’en reste que 2 à paris, avenue des Ternes dans le 17ème (à gauche) et rue Rémusat dans le 16ème (à droite). Un exemplaire est exposé aux halles de la Roche-sur-Yon.

Elle mesure 2m50 pour un poids de 500kg.


 Le modèle en applique constitué d’un fronton semi-circulaire avec un mascaron en forme d'une tête de naïade déverse un petit filet d'eau dans une vasque marine reposant entre deux pilastres.

Modèle peu couteux à installer, étaient mis sur les murs des lieux accueillant beaucoup de visiteurs, hôpitaux, caserne, jardin.

Il ne reste qu’un seul exemplaire situé rue Geoffroy-Saint-Hilaire dans le 5ème sur le mur du Jardin des Plantes.

Elle mesure 1m96 pour un poids de 300kg.


 Le petit modèle, que l’on retrouve dans les squares et jardins publics et une borne avec un bouton pressoir marquée du blason Parisien.

Il en reste 21 dans Paris.

Elle mesure 1m32 pour un poids de 130kg.


 Certaines fontaines grand modèle ont été repeintes de couleurs différents, rouge, jaune, rose ou bleue.

Esplanade Pierre Vidal-Naquet dans le 13ème © cjm-ellipse


 Place Pierre-Riboulet dans le 13ème © jan-clod

Rue Jean-Anouilh dans le 13ème

Rue d’Ivry dans le 13ème

  Les fontaines Wallace font partie du paysage Parisien, elles continuent à distribuer de l’eau potable depuis bientôt 150 ans, malgré cela elles ne sont toujours pas classées aux monuments historiques, à l’exception des 2 fontaines de la place Louis Lépine dans le 4ème.

Photo Robert Doisneau.


 

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